Le plan Donner un coup de main
Être bénévole dans un club sportif ou sur une course de quartier à Paris
Derrière chaque match du samedi et chaque course de quartier, il y a des gens qui ouvrent les portes, comptent les points et tendent des gobelets. Ils sont bénévoles, et les clubs parisiens en cherchent presque toujours. Voici comment les rejoindre, même avec peu de temps.
Le sport vu de l'autre côté de la main courante
On connaît le club par le vestiaire, le terrain, le coup de sifflet. On le connaît moins par la salle où l'on prépare les licences, la réserve où dorment les plots, la table où l'on note les fautes. C'est pourtant là que tout se joue : sans bénévoles, la plupart des clubs amateurs auraient bien du mal à tenir debout.
En France, plus de 16 millions de personnes donnent ainsi de leur temps à une association, tous domaines confondus. Le sport n'est qu'un des terrains de cet engagement, mais il en est un très visible. Et à Paris, où beaucoup d'activités ont lieu dans les centres sportifs municipaux, les besoins sont constants : un club de basket qui a trois équipes de jeunes, une section de natation qui accompagne des déplacements, une association qui organise une course dans son quartier.
Les missions, de la buvette à la table de marque
Bénévole ne veut pas dire entraîneur. Les missions sont très variées, et beaucoup ne demandent aucune compétence sportive :
- l'accueil des familles et des nouveaux adhérents, à la rentrée surtout ;
- la buvette des matchs à domicile, qui finance souvent une partie des déplacements ;
- la table de marque, où l'on tient le score, le temps et les fautes ;
- l'arbitrage débutant chez les plus jeunes, quand le club propose de vous y préparer ;
- l'accompagnement des jeunes aux matchs à l'extérieur, en voiture ou en transports ;
- les tâches de l'ombre : inscriptions, tableaux de présence, photos, publications du club.
Sur une course de quartier, la palette change : on tient un ravitaillement, on signale un virage, on guide les coureurs à un carrefour, on distribue les dossards la veille, on range les barrières à la fin. On ne court pas, mais on voit passer tout le peloton, du premier, concentré, au dernier, qui vous remercie avec un vrai sourire.

Où frapper pour proposer son aide
La méthode la plus directe reste la plus efficace : pousser la porte du club. Passez à la fin d'un entraînement, demandez qui s'occupe de l'organisation, laissez vos coordonnées et vos disponibilités. Les clubs qui jouent sur les terrains de quartier en accès libre ou dans les gymnases municipaux affichent souvent leurs contacts sur place.
Les centres sportifs municipaux sont un autre bon point de départ : beaucoup d'associations y ont leurs créneaux, et l'accueil sait souvent qui cherche du monde. Pour une recherche plus large, deux plateformes recensent des missions :
JeVeuxAider.gouv.fr, plateforme publique de la Réserve civique, propose des missions ponctuelles ou régulières, filtrables par lieu et par thème. France Bénévolat, avec ses centres et relais partout en France, aide à trouver une association qui correspond à ce que l'on sait faire et au temps dont on dispose. D'autres réseaux existent aussi, comme Tous Bénévoles ou Benenova.
Combien de temps donner
Une heure, un week-end, une mission au long cours : tout est possible. Le bon calcul n'est pas le temps que l'on voudrait donner, c'est celui que l'on donnera vraiment, mois après mois. Un club préfère un bénévole présent deux samedis par mois à un enthousiaste qui disparaît en novembre.
Pour commencer, une course de quartier est idéale : c'est une matinée, l'organisation vous dit où vous placer, et vous repartez en ayant rendu service sans vous engager pour l'année. Attention tout de même à la fatigue : rester debout plusieurs heures sur un ravitaillement, à porter des packs d'eau et à applaudir dans le vent, use davantage qu'on ne l'imagine. Le lendemain, les conseils pour récupérer après une longue journée debout ne sont pas réservés aux coureurs.
Le bon réflexe. Dites clairement ce que vous pouvez faire et ce que vous ne pouvez pas faire. Un « je suis libre un dimanche sur deux, le matin » vaut mieux que dix promesses vagues.
Ce qu'on y gagne
On y gagne d'abord des rencontres. Paris est une ville où l'on peut croiser les mêmes voisins pendant des années sans leur parler ; un club de quartier change cela en quelques semaines. On y apprend aussi l'envers du décor : pourquoi un créneau de gymnase est si précieux, comment on monte une équipe, ce que coûte un déplacement.
On y gagne enfin un autre regard sur son propre sport. Après une matinée à la table de marque, on ne conteste plus une décision d'arbitre de la même façon. Après un ravitaillement, on remercie chaque bénévole sur sa propre course. C'est un peu comme passer de l'autre côté du quai : la ligne est la même, mais on la voit dans l'autre sens.
Ce qu'il faut savoir avant de se lancer
Le bénévolat est un engagement libre et non rémunéré. Personne ne peut l'exiger de vous, et vous pouvez l'arrêter. Il n'est pas pour autant sans règles : le club fixe le cadre de chaque mission, et vous le suivez.
C'est particulièrement vrai dès qu'il s'agit d'encadrer des mineurs. Accompagner des jeunes en déplacement, aider à un entraînement d'enfants ou arbitrer une rencontre de poussins se fait toujours dans un cadre fixé par le club, avec un responsable identifié. On ne s'improvise pas éducateur, et c'est très bien ainsi. Si le cadre n'est pas clair, demandez-le avant de commencer.
Pensez enfin à vous-même : une tenue adaptée à la météo, de l'eau, de quoi grignoter, des chaussures confortables. Sur une course, le bénévole qui tient le bout de la ligne sous la pluie mérite autant de soin que les coureurs qu'il encourage.
Repères de pratique, pas une consultation : une douleur qui s'installe, un malaise ou un essoufflement inhabituel à l'effort se montrent à un médecin.