Le plan Station 2 · Les canaux
Courir le long des canaux à Paris : Saint-Martin, la Villette et l'Ourcq
Trois plans d'eau qui se suivent, trois manières de courir. Du canal Saint-Martin et de ses passerelles au chemin plat de l'Ourcq, voici comment choisir son tronçon selon la séance du jour.
Trois canaux, une seule ligne
Le canal Saint-Martin, le bassin de la Villette et le canal de l'Ourcq se suivent comme trois stations d'une même ligne. On passe de l'un à l'autre sans quitter l'eau des yeux, et pourtant ils ne se courent pas du tout de la même façon.
Le premier est court, animé, coupé d'écluses. Le second est un grand plan d'eau dégagé où l'on respire. Le troisième file vers l'est, droit et plat : c'est là que vont ceux qui veulent allonger la distance sans se soucier des côtes. Avant de lacer vos chaussures, demandez-vous simplement ce que vous cherchez aujourd'hui.
| Tronçon | Ce qu'on y trouve | Pour quelle sortie |
|---|---|---|
| Canal Saint-Martin | Écluses, passerelles, quais arborés et animés | Footing court, sortie de midi |
| Bassin de la Villette | Grand plan d'eau, quais larges, horizon ouvert | Allure régulière, retour au calme |
| Canal de l'Ourcq | Chemin plat vers l'est, axe vert | Sortie longue sans dénivelé |
Le canal Saint-Martin, entre écluses et passerelles
Le canal Saint-Martin mesure 4,55 km. Inauguré en 1825, il traverse surtout les 10e et 11e arrondissements et compte neuf écluses et deux ponts tournants, qui rattrapent 25 m de dénivellation au total. Pour le coureur, cela se traduit par une succession de paliers : à chaque écluse, le quai monte ou descend un peu. Rien de méchant, mais assez pour sentir que le terrain n'est pas tout à fait plat.
La partie à ciel ouvert est la plus agréable : arbres, eau verte, passerelles métalliques qui enjambent le canal. Plus au sud, l'eau disparaît vers la partie couverte, et c'est en général là qu'on fait demi-tour, ou qu'on continue en surface jusqu'à la Seine pour rejoindre les berges et quais du fleuve.

Les passerelles font des repères parfaits. Servez-vous-en comme de bornes : accélérez d'une passerelle à la suivante, puis trottinez jusqu'à la prochaine pour souffler. Montées en petites foulées, leurs marches ajoutent un peu de travail aux jambes. Descendues, elles réclament la même prudence que n'importe quel escalier, surtout quand le métal est mouillé.
Le canal est très fréquenté aux beaux jours, en fin d'après-midi et le week-end. Les quais se couvrent de pique-niques, les bords de l'eau se remplissent. Pour courir à votre rythme, préférez le matin ou un créneau de midi en semaine.
La Villette, le bassin où l'on respire
Mis en eau en 1808, le bassin de la Villette, dans le 19e, est le plus grand plan d'eau artificiel de Paris. Il relie l'Ourcq et le canal Saint-Denis au canal Saint-Martin. Après les écluses et les passerelles, le changement est net : les quais s'élargissent, l'horizon s'ouvre, on voit loin devant soi.
C'est l'endroit rêvé pour tenir une allure régulière, faire quelques lignes droites un peu plus rapides ou finir une séance en marchant. Le tour du bassin se prête aussi aux sorties à deux de niveaux différents : le plus rapide fait un aller-retour de plus, tout le monde se retrouve au même point.
Une gare de correspondance. Le bassin de la Villette est le nœud du réseau. Venu du canal Saint-Martin, vous pouvez y faire demi-tour, tourner autour de l'eau, ou continuer vers l'Ourcq. Retenez-le comme point de rendez-vous : il est facile à décrire et impossible à rater.
L'Ourcq, pour les sorties longues
Au-delà du bassin, le canal de l'Ourcq part vers l'est. Construit de 1802 à 1825, il appartient au réseau des canaux parisiens, long de 130 km, propriété de la Ville. Depuis la fin des années 1990, ses abords sont aménagés en axe vert pour le vélo et la marche. Surtout, les onze premiers kilomètres depuis la Villette sont sans écluse : pas de palier, pas de côte, un chemin qui se déroule.
C'est le terrain idéal pour allonger progressivement la durée de vos sorties. On part, on court à une allure qui permet de parler, on fait demi-tour à mi-parcours. Comme sur une ligne de métro, le retour suit exactement le même tracé, ce qui rend l'effort facile à doser.

Partager le chemin avec les vélos
Le long des canaux, et plus encore sur l'Ourcq, les vélos sont chez eux. Les aménagements ont été pensés pour eux autant que pour les piétons, et les cyclistes roulent souvent vite sur ces lignes droites. Quelques règles simples :
- restez sur la partie piétonne quand elle est distincte de la piste cyclable ;
- tenez votre droite et ne zigzaguez pas ;
- regardez derrière vous avant tout demi-tour ;
- gardez un volume de musique qui laisse passer les sonnettes.
Si vous êtes vous-même cycliste, la réciproque vaut : un coureur fatigué dévie parfois de sa trajectoire sans prévenir. Pour le reste, les conseils de la page le trajet à pied et à vélo s'appliquent aussi au bord de l'eau.
Eau et repères
Le long des canaux, on ne trouve pas toujours de quoi boire au moment où l'on en a envie. Pour une sortie courte sur le canal Saint-Martin, boire avant de partir et au retour suffit en général. Pour une sortie plus longue vers l'Ourcq, emportez une petite gourde, surtout l'été : certaines portions du chemin sont peu ombragées, et le soleil se reflète sur l'eau.
Côté repères, chaque canal a les siens. Sur Saint-Martin, comptez les écluses et les passerelles. Sur la Villette, le tour du bassin fait une boucle naturelle. Sur l'Ourcq, notez le temps mis pour atteindre un pont ou un bâtiment reconnaissable, et visez-le d'une semaine à l'autre. Pour avoir sous la main les lieux classés par usage, gardez aussi un œil sur le plan de poche.
Repères de pratique, pas une consultation : une douleur qui s'installe, un malaise ou un essoufflement inhabituel à l'effort se montrent à un médecin.